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Hors-dinaire

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« La folie ne peut pas être trouvée dans la nature. La folie n’existe pas sauf dans une société, elle n’existe pas en dehors des formes de sensibilité qui l’isolent et des formes de répulsion qui l’excluent ou la capturent. »

– Michel Foucault —

DIAGNOSTIQUÉE TDA…

Toi, « gens normaux ». Oui toi ! Qui n’a pas d’étiquette quelconque pour définir le fonctionnement de ton cerveau. Toi que son fonctionnement est similaire à tout le reste de la planète et qui passe sous silence…

Oui toi !

Je te trouve vraiment plate !

Je sais, c’est mois l’« outsider » et pourtant, il y a des moments (souvent), je ne t’envie pas et je ne te comprends pas.

Les comportements où il faut bien paraître, faire semblant de s’amuser et se contenter de peu. Les semblants de parties où tu simules un « gros fun noir » et une vie sociable palpitante pour plaire et « t’amuser ». Je ne comprends pas non plus, ta routine, bien que nécessaire, coulée dans le béton armé.  Comme si tu allais exploser si tu sors un orteil de la limite du convenable.

Je ne comprends pas ta vie de couple. Ou chacun finit par devenir autre chose que lui-même. Devenir deux zombies.

Je sais, c’est moi qui suis bizarre (faut dire différente). D’ailleurs je fonctionne bien mal avec tes standards. Où tout est une possibilité pour moi, c’est de l’instabilité pour toi. Il est clair que nos priorités ne sont pas les mêmes.

Il est vrai que de passer sa vie à s’interroger sur la qualité de sa pelouse et de sa beauté est un fait étrange dans tes habitudes qui n’a pas de logique. Chaque été, elle finit par sécher de toute façon !

Tu achètes des billets de conférence, des livres de coaching parce que tu ne sais plus comment t’amuser. Tu t’organises des activités organisées pour organiser ta famille. Tu comptes les cubes énergie pour te botter le cul à faire du sport parce que toi, ben t’as pas le temps.

Tu prévois tes grossesses, les bébés, ta maison, ton char, tes études et ta job. Et tu te perds dans ton collet serré étouffé par ta cravate ou ton collier. Tu finis par penser que d’aller virer dans les bars comme à 20 ans pour oublier que ta vie est plate, c’est ça, le bonheur.

As-tu déjà remarqué le ciel le matin à ton réveil ? La texture des nuages avec le début des rayons du soleil qui traversent dedans? As-tu remarqué l’odeur du « dehors » qui change selon les saisons? Vois-tu les différents verts des arbres qui se métamorphosent au gré de l’année ? Il passe du vert fluo à un vert très foncé pour devenir coloré en automne. As-tu remarqué que des fois la neige est comme une petite boule et d’autres fois, c’est de l’art travaillé, sculpté ?

As-tu vu les âmes des gens au travers de leurs yeux ? Qu’ils essaient de cacher tant bien que mal pour ne pas montrer leurs failles. Vois-tu les larmes monter quand ils te parlent de leur peine ? Les yeux s’assombrir quand ils sont dérangés par quelque chose ou s’illuminer parce qu’ils sont heureux ?

Mais c’est moi qui suis en marge de pages. C’est moi qui ai un diagnostic de TDA et d’immaturité émotionnelle. C’est moi qui use de trop de sensiblerie.

Oui, je suis une junkie. Aux émotions, aux sensations et au hors-dinaire. Tout est à refaire, à recréer et à réinventer. Il n’y a pas de barèmes ni de limites.

Et pourtant, « gens normaux », je t’attire tellement, je t’impressionne, je te fascine. Parce que moi, je te sors de ton confort réconfortant. Je te pousse plus loin, remettant en question tes propres limites.  Mais tu ne le supportes pas.

Et tu ne comprends pas.

Et tu ne vois pas.

… Mais c’est moi qui finis en thérapie.